Comme promis, voici un bilan de l'action à laquelle je vous ai humblement appelés à participer la semaine dernière.

Rappel des faits:

Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, a mis en place l'an dernier une nouvelle loi, dite LRU (loi relative au Libertés et Responsabilités des Universités) qui a soulevé un mouvement de colère d'abord diffus, mais devenu très fort depuis décembre dernier (pour plus de détails sur la loi et le début du mouvement, voir ici). En ne répondant à aucune des revendications des grévistes, elle espérait jouer le pourrissement du mouvement. Malheureusement pour elle, celui-ci n'a pas lieu, et c'est une quasi-unanimité du monde universitaire (y compris dans les universités traditionnellement de droite) qui s'oppose à ses mesures.

Puisqu'elle n'a pas semblé entendre ce que des dizaines de milliers de manifestants lui ont crié dans la rue, il a été décidé de le lui écrire par mail (lire l'appel ici).

Résultat des courses:

Mme Pécresse ne semble toujours pas avoir compris, et ce n'est pas faute d'avoir essayé de lui expliquer, puisque tout près de 2700 mails* lui ont été envoyés afin de protester contre la LRU, les décrets d'applications et la réforme de la formation des enseignants. La plupart des mails ont été écrits par des chercheurs, étudiants, professeurs et parents d'élève indignés du mépris essuyé depuis tant de mois.

Morceaux choisis:

Voici quelques extraits des mails que Mme le ministre (qui ne cache pas ses ambitions présidentielles) a pu recevoir:
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Qui fera progresser notre pays si vous tuez dans les universités la liberté, l'égalité et la fraternité en même temps que la liberté de chercher et le désir d'enseigner?

Quel avenir préparez-vous à nos enfants?

Je souhaiterais personnellement avoir une réponse de votre part qui me permette de ne pas le voir extrêmement sombre!


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Si, fonctionnaires, nous sommes aux services des citoyens, vous l’êtes également, et je ne pense pas que vos réformes constituent une avancées pour la France. Elles me semblent au contraire procéder d’une vision purement politicienne et menacent grandement la qualité de la recherche et de l’enseignement supérieur dans notre pays.

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Réformer l’université française est évidemment indispensable, mais pas n’importe comment, ni à quel prix.


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ni la France de Pétain, ni l'Allemagne d'Hitler, ni l'Espagne de Franco, ni l'Italie de Mussolini n'ont donné de vrais moyens à la recherche et à l'université. Si c'est ce vers quoi vous voulez aller, au moins c'est clair.

Merci pour tout.


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Je vous prie de bien vouloir prendre en compte le mécontentement de la totalité de la communauté universitaire quant à votre réforme relative aux Libertés et Responsabilités des Universités. L'essence d'une démocratie et ce qui fait sa grandeur n'est pas sa capacité à s'opposer à la volonté du peuple, et ce n'est certainement pas en détruisant les organes de l'éducation et de la culture que vous parviendrez à le faire croire.

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Lourde responsabilité que vous porterez avec ce gouvernement coupable d’avoir commencé à défaire ce qui a fait le prestige d’une institution vieille de plus de 900 ans !


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Vous parliez, à l'assemblée, de preuves d'amours envers la communauté universitaire mais, Madame le Ministre, de preuves d'amours il ne peut y avoir sans amour. Et force est de constater que depuis des semaines, c'est de mépris dont il est question, aucunement d'amour. Il est sans doute facile d'agiter quelques reculs symboliques pour croire que les gens mobilisés se calmeront, mais c'est un tort. La responsabilité que vous prenez, c'est d'hypothéquer l'éducation de demain.



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