Depuis une dizaine de jours, après la victoire historique du peuple guadeloupéen pour la reconnaissance de leurs difficultés et la hausse de leurs bas salaires, on voit en métropole les élus UMP se déchaîner les uns après les autres contre Elie Domota, leader charismatique du LKP. Les uns le disent racistes, les autres le comparent à un dictateur haïtien, d'autres encore l'estiment dangereux pour la république. Chacun a son avis, mais tout le monde est d'accord: l'UMP n'aime pas M. Domota, qui aurait mieux fait de se taire.

Il est vrai que le mouvement mené en Guadeloupe par le LKP va à l'encontre de toute la propagande Elyséenne. Le président disait "aujourd'hui quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit" mais il a, de toute évidence, parlé trop vite. Elie Domota a été capable de rassembler derrière lui un peuple entier, pour une cause juste, et c'est typiquement ce qui fait trembler l'UMP.  Que personne ne se trompe, le procès qui est fait aujourd'hui à M. Domota n'a qu'un seul et unique objectif, celui de discréditer le mouvement qu'il a conduit, et faire passer la lutte sociale pour une lutte raciale.

Entre les sans-papiers qui sont concentrés dans des camps type Rivesaltes, les étudiants grévistes qui sont systématiquement interrogés devant caméras, devant décliner leur identité, les vendeurs de journaux politique qui sont inculpés, les leaders syndicaux qui sont accusés pour de faux prétextes... Le message de l'Etat est clair: "Ne cherchez pas à faire entendre votre voix, nous sommes les plus forts."

Erreur: nous sommes les plus forts!

Ci-dessous, la lettre de député-maire communiste André Gérin à M. Elie Domota suite à l'enquête judiciaire dont il a été l'objet:

Cher Elie Domota,

Le président Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon ne supportent pas d’avoir pris une correction magistrale : ils ont une arrête sociale dans la gorge. Ils ne digèrent pas votre victoire nette et sans bavure.

L’UMP et le MEDEF tentent par tous les moyens de discréditer votre combat sans précédent.

Ils ont la haine de classe, le mépris qui caractérise ceux qui sont au service des ogres de la finance, qui enfoncent chaque jour un peuple, les quartiers populaires dans les ghettos de la misère, un concentré de pauvreté et de misère endémique alors que dégoulinent la richesse et l’opulence. Quelques dizaines de milliers de familles mènent une vie dorée (Karl Marx parlait des orgies du capital), à côté des millions de familles en situation de survie dans une société devenue invivable.

Comme beaucoup de Français, je suis heureux, rempli de bonheur pour la victoire qui a couronné votre lutte immense et unitaire. Vous avez redonné de la fierté, de la dignité aux petites gens de métropole et des départements d’outre-mer.

Ce qui vient de se passer aux Antilles fera école en métropole.

Sachez, cher Elie Domota, que nous ne laisserons personne toucher à un de vos cheveux, que nous sommes disponibles pour faire capoter cette tentative de vous criminaliser. Je reste à votre disposition, comme maire et député.

Vous assurant de mon soutien dans votre combat et espérant qu’un jour nous nous rencontrerons en métropole,

Recevez, cher Elie Domota, toute mon amitié.

André GERIN


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