8 mars, journée internationale de la femme. Nous voilà bien. Alors ce jour-là, les femmes ont le pouvoir? Elles ne sont plus une minorité de 50%? Elles n'ont plus à faire la vaisselle? Elles ont leur mot à dire? Heureusement, ça ne dure que 24 heures chrono.

Située un petit peu après la journée de la marmotte et celle des lépreux ; et quelques semaines avant la journée des handicapés et celle des accidents du travail, cette "fête" est là pour rappeler à chacun de nous que la moitié de la population est féminine. Peut-être l'ignorez-vous, mais bien souvent, votre mère et votre soeur en sont, votre grand-mère aussi, et dans certains cas, vous l'êtes vous-même.

Je pourrais, comme cela se fait ailleurs, vous parler avec indignation des injustices qui demeurent, malgré notre si juste XXIème siècle. Pour faire vite, et qu'on ne m'accuse pas à tort d'idées déplacées, je vais être clair: oui, les femmes sont bien trop souvent victimes de violences et d'injustice, notamment au travail. Oui, les femmes sont sous-représentées dans les institutions publiques, oui, les femmes sont moins bien payées que les hommes à travail égal. Tout ceci, je le déplore sincèrement, et il m'est arrivé plus d'une fois de m'élever contre ces états de fait. Mais (puisqu'il y a un mais) si je me suis élevé contre l'injustice, quelle qu'elle soit, c'était rarement parce qu'on me disait que c'était la journée pour le faire. Si je déplore la situation des femmes, en particulier dans les religions, je ne le fais jamais à l'occasion de la journée de la femme. Aussi n'est-ce pas l'objet de cet article.

Non, aujourd'hui, je ne vais pas vous parler de la situation des femmes, mais plutôt de ce que je considère comme la plus grosse insulte faite aux femmes, j'ai nommé la journée internationale de la femme.

Personnellement, j'en ai assez de voir "la femme" traitée comme si elle était une minorité, voire une espèce en voie de disparition. Je ne crois pas en "la femme" pour une raison simple: j'ai du mal à concevoir qu'on puisse mettre environ 3 milliards de personnes dans le même panier en leur supprimant toute forme d'identité, au nom de leur défense. "La femme" ça n'existe pas plus que "l'homme". Parler ainsi, c'est sombrer dans un déni d'individualité assez barbare, et peu digne des grandes civilisations qui ont cru bon de donner son sens au 8 mars.

Par ailleurs, et j'ai conscience d'aller contre les discours progressistes qui font l'unanimité (ou presque), mais je suis absolument opposé à la discrimination. J'ai en horreur le racisme et le sexisme, et je ne peux donc en aucun cas soutenir une mesure dont le fond est injuste, comme l'est par exemple l'obligation de parité aux élections par liste. Bien entendu, il faut que les mentalités changent, et que les femmes soient sur un pied d'égalité avec les hommes dans tous les domaines, y compris la politique. Mais cela doit-il passer par une mesure vexatoire imposant de créer des listes non par compétence, mais par sexe? Et pourquoi pas une parité proportionnelle noirs/blancs? blonds/bruns? chrétiens/musulmans/juifs? Au nom de la défense des femmes, je trouve encore une fois qu'on fait d'elles une catégorie inférieure, incapable de se hisser aux postes à responsabilités sans une aide particulière et un traitement de faveur.

Contre toutes les discriminations, exigeons la parité calendaire: non plus une, mais 365 journées de la femme, c'est-à-dire autant que pour les hommes!
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